IPOK!!!!!
Ca veut dire « ça va » en wayana, c’est le nom de la tribu indienne dans cette partie de la forêt.
Je vais essayer de vous racontez cette semaine, qui pour moi, n’a ressemblée, même de loin à aucune autre !
Toujours le même objectif, remonter le fleuve le plus loin possible et grimper sur les Monts Tumuc Humac où le Maroni prends sa source. Le sommet le plus accessible est Tailuaken, situé pile poil à la triple frontière. Finalement nous sommes remontés à Maripasoula avec notre pirogue. Départ samedi matin, avec un Waktiman en grande forme, qui comptait aller vendre ses bitas (préparation à base de bois bandé très efficace, qui fait fureur ici) par dizaines. Et en effet le long du trajet, il s’arrête dans plusieurs campous vendre sa mixture aphrodisiaque que beaucoup connaissent bien…
Durant l’une de ces étapes un monsieur apprenant notre destination nous donne une cage avec une boite de cartouche à l’intérieur, pour échanger en pays indien contre l’oiseau à la mode : la piccolette. Dans la rue tu vois des gros durs trimballer partout avec eux ce petit oiseau, qui s’il chante bien, peut se négocier plus de 500 euros. A Paramaribo se déroule des concours, où les gens parient gros.
Nous arrivons donc à Maripasoula à 16 heures où nous attends Jérôme, copain installé en pays indien, avec les 2 wayanas qui nous emmènent aux Tumuc humac, Supu et Pelickman. En se baladant dans cette ville de l’or, paumée au milieu de la forêt et à la mauvaise réputation, on croise des brésilos, des indiens des créoles, des alukus et même une décharge à voiture ! Tout est cher puisque le ravitaillement se fait aussi en pirogue, la bouteille de coca de 2 litres est à 6,50 euros… Mais ça c’est rien à coté de la vie dans les camps d’orpaillage, là la canette d’ Heineken est à 5 euros ! En tout cas l’ambiance m’a paru sympa et j’ai trouvé un hôtel vieillot « chez dédé » où je m’arrêterais bien la prochaine fois. Nous achetons donc le minimum vitale pour notre expé et nous partons avant la nuit.
Pour arriver à Taluen il faut 1 heures et nous pouvons apprécier le talent de nos futurs piroguiers. Nous passons un gros saut en pleine nuit quasi à fond( 60 chevaux ) en frôlant les rochers de quelques centimètres, impressionnant !
Là on est hébergés chez Jérôme dans une maison de fonction à coté de laquelle la mienne fait miniature. On se réveille tout excité de découvrir le pays indien et de partir dans les contrées inhabitées. Mais alors que la veille les indiens nous avaient assuré qu’il n’y avait jamais de vol ici et qu’on pouvait laissé tranquille notre moteur sur la pirogue, ils débarquent au pti déj pour nous annoncer que la pirogue avec le 60 chevaux n’est plus là, en plus on y avait laissé le fût d’essence acheté la veille 300 euros !
La nouvelle faisant vite le tour du village, un indien arrive 30 minutes plus tard et nous croyons comprendre qu’il a trouvé la pirogue. Et là nous partons à la découverte du village. Les villages indiens sont propres et les habitations bien espacées, avec pleins de petits chemins qui se coupent et se rejoignent. Nous traversons des petites criques, passons à coté des carbets, dans des abattis, la ballade guidée par les filles de Supu, au petit matin avec un soleil et une température agréable fais vraiment ressembler cet endroit à un paradis perdu.
En arrivant au bord du fleuve nous reconnaissons notre fût mais
pas de pirogue à coté. Ne comprenant pas comment il est arrivé là nous suivons un vieux monsieur qui nous emmène plus loin dans le village, et finalement nous arrivons à un débarcadère où est accrochée la pirogue avec son moteur ! 2 minutes après, Supu et Pelickman arrivent avec notre pirogue et nous continuons notre enquête policière en pays indien. Bref, avant de partir nous allons voir le Grand Man local pour lui raconter les évènements et nous décollons enfin vers 14 heures.
Après 1 heures mouvementée dans les sauts nous arrivons à Antecum Pata, capitale des indiens. Pour expliquer vite, c’est un français arrivé il y a 30 ans qui a créé ce village, il a adopté les coutumes et est devenu le capitaine du village. Il est habillé traditionnellement du kalimbé, un bout de tissu rouge attaché en dessous du ventre et qui pendouille entre les jambes, ça fait une drôle d’impression la première fois, surtout qu’il à une silhouette de bon vivant gras du bide…. Mais bon, c’est aussi à lui qu’on achète les cartouches de fusil, et nous repartons en ayant sa bénédiction. Plus loin on s’arrête chez un type qui s’est fait un carbet au bord du fleuve où on peut acheter le seul pain fait en pays indien, il parait qu’il le livre en pirogue dans les autres villages. Nous on fait le plein dans ce dernier commerce avant la suite….
Juste après on doit décharger la pirogue, là un quad arrive et monte les affaires en amont du saut. Et oui c’est la première épreuve : le tirage de pirogue !
Durée : 45 minutes
Surface : pierres coupantes, « algues »pointues, raies pouvant te piquer à tout moment, plus ou moins de profondeur, plus courant rapide !
Méthode : chacun prends son bout de corde et on doit avancer pied Nu à travers tout ce merdier sans relâcher la pirogue.
L’épreuve passée sans encombre on recharge les affaires, et on dépasse peu après Pilima, dernier village du Maroni. Ca y’est, on est tout seuls(euhh, avec quelques bêtes quand même…) !!!
1 heure avant le coucher du soleil(19 heures), on se trouve un carbet tout fais sur un joli rocher. Après avoir mis les hamacs je trouve mon utilité dans cette expédition, je prépare la tournée de Ti punch avec les citons verts trouvés sur la route. Ensuite c’est l’heure de la pêche. D’abord quelques petits poissons avec l’épervier(filet qu’
on jette), puis des gros avec le trident, que Pelickman envoie en plein dans la tête des gros poiscailles. En 30 minutes il y a largement assez pour 5 dans la marmite.
Après une nuit bercée par les bruits de la forêt, réveil à 6 heures pour une journée de pirogue. Vers la fin de matinée nouveau tirage de pirogue dans un saut à 3 marches. La pirogue tirée en haut, nous nous baignons dans les toboggans naturels pendant que nos potes indiens font une nouvelle pêche miraculeuse. Nous passons le reste de l’aprem sur la pirogue et avant d’arriver au campement, nous croisons une famille indienne en vacances, le papy , les enfants, les mamas….Devant leur camp c’est la boucherie : 7 caïmans alignés à coté de 4 iguanes . Du coup ils nous refilent un caïman et nous leur donnons une boite de palmito !
Le soir on s’arrête en pleine forêt, pas de carbet. Du coup on peut admirer encore une fois l’osmose entre l’indien et son milieu. En 20 minutes chrono, ils te construisent un carbet pour 5 personnes !. Pour ça il faut couper une petite dizaine d’arbres, les couper à la bonne taille, trouver ceux qui ont une fourche pour soutenir, puis planter les poteaux dans la terre. Ensuite trouver la liane assez solide pour faire corde et attaché les bouts de bois, et pour finir mettre la bâche par dessus. Ca va tellement vite que même si tu veux aider tu ralenti le travail parce qu’ils refont tout derrière.
A coté du campement il y a le lit d’une crique à sec où on trouve plein de traces d’animaux passés dans la journée, tapirs, cochons bois, biches. Pendant la nuit, les indiens ont tous les deux le fusil à portée de main… Après le carbet, pendant qu’on sirote les ti punch, Supu prépare le caïman.
La technique consiste à le passer sur le feu pour enlever plus facilement sa peau et ses écailles. C’est comme le goût, entre la viande et le poisson. Durant la nuit je suis réveillé par une envie pressante. Avant de me lever j’écoute ce qui se passe, et là j’entend un lapement. Je réécoute et c’est bien un animal qui boit juste à coté. Bon j’avoue je fais pas le fier mais je me lève quand même et je vais pisser au bord du fleuve à 10 mètres de la crique. Là je fais semblant avec ma frontale de vouloir voir ce que c’est, mais je sais que la lampe est pas assez puissante, et je crois que ça m’arrange bien !
Je me recouche gentiment et le lendemain on trouve le traces d’un tapir passé cette nuit. Gabriel m’en veut un peu de pas l’avoir réveillé, il me dit qu’il avait une grosse lampe, je fais semblant de l’apprendre….Lendemain réveil à 6 heures toujours, heureusement qu’on se couche tôt ! Le fleuve commence à se réduire sérieusement et on slalome de plus en plus entre les arbres écroulés. A certains moments il faut sortir le coupe coupe ou bien la tronçonneuse pour passer. Après avoir dépassé la famille indienne qu’on maudissait de faire fuir tous les animaux avec leur manie de tirer sur tout ce qui bouge, on se retrouve coincé sur un tronc. On est bien content de les voir rappliquer pour nous aider à pousser la pirogue. Apres avoir poussé la leur, on croise une famille de cabiai qui pataugent dans l’eau, c’est le seul gibier que les indiens n’ont pas tirés. Ah oui, niveau bestioles pour l’instant nous n’avons vus que des oiseaux, aras, perroquets, aigles, urubus, toucans, martin pêcheurs, échassiers…
En début d’aprem nous apercevons au dessus de la forêt une masse noir : Tailuaken. 30 minutes après nous arrivons au dernier campement de la rivière, à cet endroit elle ne fait pas plus de 10 mètres de large. On aura fais à peu près 24 heures de pirogue depuis le pays indien !
On décharge encore une fois la pirogue et après une petite collation, on regroupe le paquetage pour aller camper au sommet. On ne le sait pas encore mais il faudra 3 heures de marche dans la forêt pour arriver là haut….
Voilà pour la moitié du parcours, je fais une pause et si ça vous intéresse, je vous envoi la suite la prochaine fois. Si vous avez des questions hésitez pas, ça doit pas être toujours très clair ce que je raconte ! P.S : merci petite sœur adorée d'avoir publié cette note pour moi puisque je n'arrivais pas à le faire ! Que ne ferais-je pas sans toi soeurette ! Tu es si parfaite ! Et aussi merci pour la correction d’au moins une trentaine de fautes d’orthographe (même si je pense que tu en as loupées)
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